Une nouvelle approche de la dépendance : la prévention
Comme souvent, notre vision est préparée, pré-mâchée, les réponses à un problème donné sont les mêmes ici et là. Ces habitudes et ce schéma de pensée font en sorte que nous ne cherchons plus des solutions par nous-mêmes et pour nous-mêmes. C’est ainsi que l’on se prive de la richesse procurée par une multitude d’approches envisagées pour répondre à nos besoins. C’est tout du moins ce que je croyais. Lors de la récente mise en place du débat sur la dépendance, thème auquel je porte grand intérêt, je me suis donc dis que les réponses allaient être prévisibles et surtout que les initiatives qui allaient être mises en évidence seraient, in fine, assez similaires les unes aux autres: des services d’accompagnement une fois la dépendance arrivée, la mise en place d’un suivi utilisant la convergence des technologies et des réseaux de soin pour un suivi post hospitalisation amélioré par exemple, des aides technologiques pour rationaliser la réponse global apportée et sécurisation des environnements. Erreur de ma part, de nombreux autres types de projets ont été abordés, de la robotique à la prévention de la perte d’autonomie. La thématique de la prévention a particulièrement retenu mon attention.
Nous savons que la nature première du défi que nous aurons à affronter est démographique. Plus la société comptera de personnes âgées, plus il y aura de personnes dépendantes. Cette hypothèse, actuellement vérifiée, est-elle cependant inéluctable ? Ne pourrait-on pas justement retarder la perte d’autonomie au travers d’actions préventives ? Il semble que certaines associations, notamment SIEL Bleu (Sport Initiative Et Loisir), s’engagent sur cette voie, entouré de partenaires académiques (Université de Strasbourg) et institutionnels (INSERM) donnant encore plus de relief à l’initiative. L’ambition initiale du projet est de créer un modèle reproductible, permettant donc à terme de toucher une population très importante de façon économiquement viable (ce qui est déjà en soit une singularité), permettant notamment de retarder la perte d’autonomie en prévenant spécifiquement les chutes grâce à des séries d’exercices spécifiquement adaptés.
Sans se focaliser spécifiquement sur cette initiative particulière, malgré tout l’intérêt qu’elle comporte, j’ai été très intéressé par l’approche et les perspectives qu’ouvriraient sa généralisation à d’autres domaines. Des perspectives en termes de résultats sur la qualité de vie des personnes, au niveau sociétal et au niveau des initiatives portées par les entreprises ainsi que les business models pouvant être mis en place.
Ces nouvelles approches, sous réserves d’adoptions, peuvent être couplées avec toutes les nouvelles technologies innovantes comme les Wii Fit ou les nouveaux terminaux de télévision connectés, comme nous avons pu voir l’exemple lors duCES 2011 de Las Vegas. Toutes ces nouvelles technologies peuvent être mises à profit pour a peu près tous les domaines possibles de prévention :
- Équilibre et santé
- Nutrition
- Sécurisation des environnements
- Maintien du lien social
L’efficacité d’une telle approche doit être quantifiée et mesurée avant de tirer des conséquences. Dans la situation actuelle il semble pertinent d’essayer de créer des solutions innovantes plus portées sur la prévention. Les technologies pour le faire sont enfin matures et acceptées, notamment dans la mesure où elles s’adressent à un public un peu plus jeune.
Il sera très intéressant de suivre si ces initiatives se développent dans un futur proche. L’attitude des autorités vis-à-vis de cette approche sera aussi un élément important quant à la diffusion de solutions technologiques de prévention.
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