Nouvelles pratiques : la virtopsie
Dans un monde d’innovation permanente et surtout d’intégration de nouvelles technologies au service de nouvelles pratiques, notamment médicales, l’une des dernières innovations : la Virtopsie, a attiré notre attention. La Virtopsie (Virtual Autopsy) est une nouvelle pratique d’autopsie, beaucoup moins intrusive, articulée autour de l’imagerie médicale. Plutôt que d’ouvrir le corps et y pratiquer les mesures, la virtopsie permet d’effectuer toutes les mesures nécessaires à une autopsie à partir de différents jeux d’images issus de technologies différentes (Scanner, Résonance Magnétique, Photogrammétrie 3D…).
Cette pratique est vraiment adaptée pour la médecine légale, spécialement dans les cas pour lesquels les familles pourraient refuser une autopsie traditionnelle. Les examens se font en trois étapes :
- Analyse tridimensionnelle du corps grâce à un scanneur 3D
- Analyse du corps avec les technologies d’IRM
- Analyse avec les images « CT volumiques » (c’est-à-dire une épaisseur des coupes du scanner inférieure au millimètre)
Afin de pouvoir effectuer des mesures utiles sur certains aspects (notamment pour l’angiographie), un cœur artificiel sera utilisé dans le cadre de la virtopsie. Cette technique est utilisable sur un large spectre de domaines de la médecine légale :
- Traumatismes (externes, par arme blanche, arme à feu)
- Asphyxie (noyade, strangulation)
- Reconstitution d’impacts de projectiles ou d’explosions
- Maltraitance ou mort subite du nourrisson
De plus cette méthode permet de travailler sur des corps en décomposition ou brulés et obtenir de meilleurs résultats que les méthodes d’autopsies traditionnelles. Ainsi, toute la dimension gazeuse liée à une mort violente sont rendus exploitables par cette technique, chose qui disparaît dès « incision » avec les méthodes traditionnelles. Tous les résultats obtenus lors des différents examens d’imagerie sont compilés par des systèmes robotiques et informatiques. La méthode permet aussi un gain temps significatif au niveau de la préparation des corps notamment.
A terme, une généralisation de l’utilisation pourrait aussi permettre une réduction significative des coûts liés à chaque autopsie.
Le projet, encore au milieu de sa phase d’expérimentation, est porté par les Universités médicales de Zürich et Berne, en Suisse. Les services d’imagerie médicale (traditionnelle et 3D) et d’autopsie sont mis à contribution dans le cadre du projet. Les directeurs sont le Professeur Thali à Zürich et le Professeur Bolliger à Berne.
Le projet est mené en collaboration avec l’université de Linköping en Suède, la police cantonale de Berne, le Centre Autrichien pour l’Innovation Médicale et la Technologie (ACMIT) et SIEMENS en tant que principal soutient industriel.
L’idée d’associer l’imagerie médicale 3D aux examens médico-légaux est apparue il y’a 15 ans aux Etats-Unis. Depuis les années 2000, l’équipe Suisse du Professeur Thali en sont devenus les experts.
« La pratique de l’autopsie a évolué avec son temps. La toxicologie, la biologie moléculaire et l’anatomo-pathologie (l’étude de prélèvements au microscope, Ndlr) sont venues se greffer autour de l’autopsie. Il est logique que l’imagerie médicale complète le travail du légiste. » Les nouvelles technologies ont permis encore une avancée supplémentaire, dont il sera intéressant de suivre les progrès au cours des prochaines années.
Sources
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